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Publié le 25/03/2026 à 16:12:11 par Neper

Google promet un opt-out pour les AI Overviews : pourquoi les éditeurs n’ont rien à y gagner

Le 18 mars 2026, Google a publié un billet de blog en réponse à la consultation de la CMA, le régulateur britannique de la concurrence. Le géant de Mountain View y affirme développer un mécanisme permettant aux éditeurs de retirer leur contenu des fonctionnalités d’IA générative dans la recherche. La nouvelle a fait le tour de l’écosystème SEO et éditorial en quelques heures. Mais derrière l’annonce, le texte de Google tient en trois paragraphes, ne contient aucun calendrier, aucune spécification technique et aucune garantie. Décryptage d’un exercice de communication qui esquive l’essentiel.

Ce que la CMA a réellement demandé

Pour comprendre l’écart entre l’annonce de Google et les attentes réglementaires, il faut revenir à la consultation publiée le 28 janvier 2026. La CMA (Competition and Markets Authority, l’autorité britannique de la concurrence) y a formulé quatre séries d’exigences appelées conduct requirements (règles de conduite imposées à une entreprise désignée comme détentrice d’un Strategic Market Status, ou SMS). Google est la première entreprise à recevoir ce statut sous le nouveau régime du Digital Markets, Competition and Consumers Act (DMCCA), adopté en 2024.

Le volet le plus lourd concerne les éditeurs. La CMA exige trois choses distinctes :

  • Des contrôles effectifs d’opt-out permettant aux éditeurs de retirer leur contenu du grounding (l’utilisation en temps réel de contenus web comme source pour générer des réponses IA) des AI Overviews et de l’AI Mode, ainsi que de l’entraînement des modèles IA plus larges comme Gemini. Ces contrôles doivent être disponibles à la fois au niveau du répertoire (site entier) et au niveau de la page.
  • Une transparence renforcée : Google doit publier des informations claires sur l’utilisation des contenus éditoriaux, avec des métriques d’engagement spécifiques aux fonctionnalités IA (impressions, clics, taux de clics), séparées de celles de la recherche classique.
  • Une attribution effective des sources dans les résumés générés par IA, avec une explication de la méthodologie utilisée.

En parallèle, la CMA a proposé un fair ranking conduct requirement interdisant à Google de déclasser les éditeurs qui choisiraient de se retirer des fonctionnalités IA. Un préavis minimum de 30 jours ouvrables serait requis avant tout changement matériel d’algorithme, assorti d’un mécanisme de plaintes.

Le document présentant les conclusions de la consultation de la CMA britannique sur ce que serait dans l’idéal le concept de « fair ranking ». Les recommandations et demandes faites aux moteurs de recherche sont très pertinentes et intéressantes, mais trouvent une limite immédiate dans le constat que Google n’est pas prêt à les suivre…

Ce que Google a réellement répondu

Le billet de blog publié le 18 mars sur le blog officiel de Google tient en trois sections courtes. L’intégralité du passage consacré aux éditeurs se résume à ceci : Google affirme concevoir ses systèmes de classement pour afficher les résultats les plus pertinents, revendique que les AI Overviews rendent les liens vers les sources plus visibles, et déclare développer des mises à jour de ses contrôles pour permettre aux sites de se retirer spécifiquement des fonctionnalités d’IA générative dans la recherche.

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